un Projet IUML
Le projet

Axe Intégrateur

Axe Intégrateur

Dinophysis sp. (crédit photo : IFREMER)


L’axe intégrateur du projet COSELMAR a pour objectif d’accroître la structuration du consortium et son rayonnement international, au travers de trois actions : la création d’une plateforme d’expertise interdisciplinaire sur les risques et la gouvernance des ressources et des espaces marins ; la mise en réseaux des chercheurs de la fédération ; le rayonnement au niveau des formations.


La plate-forme d'expertise interdisciplinaire (Action Integ.1)

Le développement de la plateforme d’expertise interdisciplinaire est un enjeu fort de COSELMAR afin de répondre de manière intégrée aux futurs enjeux de gestion des espaces maritimes. En effet, la prévention et la gestion des risques liés au milieu marin et littoral nécessitent une approche interdisciplinaire afin de mieux comprendre les écosystèmes et les interactions avec l’activité humaine, et de mieux cerner les enjeux d’une gouvernance durable. Cette interdisciplinarité nécessaire se heurte parfois à la disparité des représentations des notions de risques et de gouvernance, fortement ancrées dans les champs disciplinaires (risques chimiques pour l’alimentation, risques pour l’environnement, risques économiques…). La première étape de cette action sera donc une réflexion de nature  épistémologique sur les notions de risque et de vulnérabilité mais aussi de socio-écosystème et de gouvernance afin de bâtir une culture commune entre toutes les disciplines du consortium. Cette réflexion sera conduite au travers de séminaires auxquels seront conviés les participants du programme, et qui seront organisés à la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) Ange Guépin (USR 3491 CNRS). L’objectif opérationnel de cette plateforme sera servi par l’élaboration d’un outil informatique d’intégration des connaissances et d’analyse de risque, permettant l’interrogation d’experts. Le processus conduira à la construction d’indicateurs qualifiés et documentés destinés à permettre aux acteurs de la gouvernance, une prise de décision avec un niveau de confiance connu. A l’échelle de COSELMAR, la plateforme sera expérimentée autour d’un modèle de gestion spatialisée, appliqué à la sole (ISIS-FISH) et développé dans l’action 3.2. Des scenarii pertinents seront construits en utilisant les résultats produits dans différentes actions du programme (impact d’une submersion marine, scénario d’eutrophisation etc.) et conduiront à la production d’indicateurs pour la gestion de cette ressource, en fonction des types de risques. La construction de tels scenarii impliquera les chercheurs de différentes actions mais également des professionnels du secteur.


Le GdR Algues toxiques (action Integ.2) : Phycotox

La dynamique de structuration sera mise en exergue également par la mise en réseau de scientifiques, qui se concrétisera par la création d’un GdR algues toxiques et toxines d’algues ainsi que par l’initiation d’une démarche de construction d’un réseau national et international autour des problèmes de bio-colonisation, de modélisation des interactions entre les organismes et leurs environnements, afin d’évaluer l’impact sur les structures.

L’étude des algues toxiques et de leurs toxines est complexe à la fois du côté écologie et du côté chimie analytique. La création d’un GdR sur les algues toxiques et les toxines d’algues permettra de structurer la recherche à l’échelle nationale sur cette thématique. Il n’y a pas de structuration sur cette thématique actuellement en France bien qu’il y ait une communauté scientifique qui suive cette thématique. Plus particulièrement, les contributions françaises recensées dans ce domaine touchent à l’écologie (systèmes lagunaires et tropicaux, systèmes de baies côtières, eutrophisation), à la taxinomie (morphologique, biomoléculaire et chimique) des diatomées et dinoflagellés pélagiques et benthiques, ainsi qu’à l’impact des algues toxiques sur l’exploitation des ressources biologique marines (coquillages, poissons). La visibilité internationale de la recherche française peut donner l’impression d’un certain éparpillement à cause de l’absence d’un GdR. L’IUML, qui compte de nombreux spécialistes sur les microalgues toxiques, a l’ambition de se positionner comme le moteur de la structuration nationale de la recherche sur cette thématique à travers le projet COSELMAR. Ce GdR permettra en particulier de clarifier le rôle des algues toxiques dans le fonctionnement de l’écosystème (présence ou absence de contrôles bottom-up ou top-down) et donc de clarifier leur apparence en fonction des perturbations humaines des écosystèmes. Les axes 1 et 2 alimenteront cette réflexion par les nombreuses actions de recherche menées autour des algues toxiques.


Mise en réseau de chercheurs-Biocolonisation (action Integ.3)

(Crédit photo: Bio Littoral)

L’analyse des structures portuaires en termes d’effet de la bio-colonisation est récente dans notre société. En effet, elles ont été déclenchées majoritairement à la fin des années 90 à partir de sinistres observées sur des parois métalliques ou pieux métalliques. Aucun modèle prédictif n’étant actuellement disponible, les opérateurs et maîtres d’ouvrages doivent procéder à des campagnes d’inspection longues, coûteuses et parfois dangereuses. Un apport de compétences couplant les compétences en corrosion marine électrochimique mais surtout en bio-corrosion et en modélisation probabiliste de la sécurité des structures est indispensable pour aller au-delà de la simple identification des mécanismes et franchir le verrou de la modélisation. L’objectivation et la rationalisation du contexte décisionnel ne peut se faire que par intégration de compétences en environnement marin, en biologie marine, en pathologie des matériaux et en calcule des structures. Il s’agit dans le projet de développer des travaux sur les scénarii de croissance de la bio-colonisation et d’optimiser les procédures de maintenance préventive et curative, et surtout d’initier la création d’un réseau national et international (notamment avec des liens privilégiés avec la Colombie – Université Del Norte et le programme DCIM) de réflexions et d’échanges, tant en données expérimentales et en moyens qu’en conceptualisation des démarches. Ces travaux sont situés dans un double contexte d’analyse des risques : risque technologique d’une part, lié à la rupture de structures à vocation économique, et risque humain d’autre part lié aux dangers lors du nettoyage de ces structures.


Valorisation-Formation (action Integ.4)

Enfin, la valorisation pédagogique des méthodes développées et des résultats obtenus sera une action forte de COSELMAR, au bénéfice des Masters 2 en lien avec l’IUML. La participation des chercheurs internationaux du programme aux séminaires de ces masters accroîtra l’internationalisation de ces formations. Les possibilités de co-diplomation seront étudiées et favorisées (Université de Lisbonne, UQAR). Par ailleurs deux écoles d’été internationales seront organisées dans COSELMAR. Enfin, une session de formation continue sur un thème développé dans COSELMAR (la submersion marine par exemple) sera expérimentée, en collaboration avec le CNFPT et la Formation continue de l’Université de Nantes. Cette initiative permettra de relier les résultats de COSELMAR avec les professionnels confrontés aux risques côtiers et maritimes.

Les étudiants de la deuxième cohorte du Master Erasmus Mundus ACES ont créé ce petit film promotionnel :
https://youtu.be/Epw2dMS39pE

 

Responsables : Stéphanie Mahévas, Ifremer & Sophie Pardo, Université de Nantes